jeudi 30 juin 2016

La Brume

N’y a-t-il que la brume
Pour habiter mon chemin
Faut-il qu’il soit si tordu
Qu’il n’ait jamais de fin ?

Il me semble que mes pas
Aiment les terres friables
Que là où mes mains se posent
Reposent des formes instables

Il faut croire que le sol
Aime à se dérober sous moi
Et que les issues s'envolent
ou me filent entre les doigts

A la lueur blanche et pleine
Je préfère le clair-obscur
Aux équilibres bétonnés

La belle instabilité.

lundi 27 juin 2016

CORRIDOR

Dans les corridors
A l’intérieur
Dans les tunnels
A l’intérieur

Dans les passages souterrains
De mon corps d’argile
Dans les tuyaux
Dans les circuits d’aération

Dans les galeries de mon âme
Dans les gorges de ma chair
Dans les chenaux sous ma peau
Dans les corridors

Dans les couloirs,
Tunnels,
Passages,
Tuyaux,
Circuits,
Galeries,
Gorges,
Chenaux,
Corridors,

Courent des chevaux de flammes
Furieux et enragés
Rapides comme l’incendie
Brûlant le vide

A l’infini. 

mardi 14 juin 2016

Les Lianes

L’aurore est grise
Son rouge est pâle
L’air vibre peu
Les graviers crissent

Sous mes pieds.

Autour les ceps
Se rient de moi
Quelques cyprès découpés
Dans la lumière précise

Tu as posé ta tête
Contre mon omoplate,
Des lianes se sont nouées
Fou, j’ai croisé tes yeux

C’était bleu,
Et dangereux.

jeudi 14 avril 2016

MUSCADET



Il paraît qu’avant

T’étais plutôt charmant

L’air un peu artiste, un peu manant.

 

Aujourd’hui t’as plus l’air de rien

T’as plus toute ta tête,

T’as plus rien.

 

Ça fait combien de muscadets, dis,

Pis qu’est-ce que tu fais à traîner avec ces pochtrons

Tu répètes toujours les mêmes choses

Des excuses à plus savoir qu’en foutre

 

Et tu vas gerber dans les fleurs.

 

lundi 11 avril 2016

DOUZE POEMES


DOUZE

LIKE HEMLOCK


Ne les quitte pas du regard
Suis-les
Ne tourne pas le dos
Ne cligne pas des yeux.

Ce sont tes ennemis
Apprends à les sentir
Renifle-les
Vigilance

Leur odeur est forte
Il faut la connaître
Une fois morts,
Ils sentent meilleur.


FILATURE
 
 
Le fil lie, la lie file
Les filles défilent et s’effilent
Filent du fil à filer
Pour nos filets de fileurs.


CROÛTE


Hier j’avais la couleur vive et le trait fin
J’étais aquarelle, Bacchus, Arlequin,
Aujourd’hui le désespoir, la fatigue et le doute
Dessinent les traits tristes et gris de mes croûtes.

BEAUCE


Dans le Nantes-Lyon
Vitre-contre-front
La Beauce jaune de blé d’or
M’exhibe de bien humbles trésors.

IL NE FAUT PAS S’ACCROCHER


Comme une carcasse à son esse
Comme une Anglaise à son thé
Comme un pompier à sa hache
Comme mes yeux à ton cul

ASSEZ


Ce n’est pas assez
Il faut développer
Comment comprendre
Si tu

A TABLE


Je lui ai mis la tête dans la sauce
Je n’en pouvais plus
Sa gueule de raté de la vie
Son odeur de vieux cul.

Et pourtant naguère
Je l’aimais dur comme fer
Mais au fil des années
Le fer a rouillé.

Comme celui du couteau
Qui planté dans son dos
Paraît approprié
Pour accrocher mon manteau.

Il s’appelait Madelin et moi Madeleine
On nous disait souvent :
« Madelin, Madeleine ! »…
« Qu’ils sont beaux tous les deux,
Ah ! QUELS BEAUX ENFANTS ILS AURONT. »

Je finis mon dîner
Termine ma potée
Mes deux choux à la crème
En me disant en moi-même:
Cela peut être amusant
Ou bien tourner au fiasco
D’avoir un enfant
Avec un port’manteau.


DANS L’OS
 
 
T’es ma moelle
Je t’ai dans l’os
Tu m’rends nerveux
Passe-moi la sauce.


POUR L’HONNEUR


Elle est partie
Parce qu’j’la faisais pas rire
Ou qu’j’avais perdu
Mes jambes à la guerre

                                      C’qui n’était pas je dois le dire

 A s’taper le cul par terre.

POMPIER


Il disait : Garde toujours des allumettes de côté
Cache-les bien, cache-les profond.
Gardes-en toujours quelques-unes
Comme on garde le dernier des bonbons.

Car le feu qui brûle en toi, qui éclaire l’intérieur,
On veut l’arroser, l’éteindre en son cœur
Et comme au matin arrive toujours la rosée
Pour chaque incendie tu trouveras un pompier.

FRATERNITE


Je cherche Nous,
Il est parti avec Tu
Chassé par Vous.
Nous n’est pas Ils
Nous est un Je
Qui marche avec Tu.
Vous veut le casser
Le diviser
Diviser Nous
Pour le rendre Ils.
Et Je vois Tu
Tu me dit Vous
Tu me dit On
Tu me dit Ils
Alors
Nous est mort.

  
FUITE CABRIOLE

 
Elle danse et virevolte
Reine du feu
Elle règne, madone
Sur les flammes de la vie.

Et nous, ses amies et copains
A quelque heure ses amours,
On la regarde fascinés
Courir, jouer, rire et danser.

Mais les traces qu’elle laisse
Forment un cercle étrange
Comme si sa course folle
Etait une fuite cabriole 

Elle danse et virevolte
Esclave d’elle-même
Autour d’un trou
Sans fond.  


























mardi 16 février 2016

"Mais les étoiles, mon frère, tu ne les verras pas... Elles ne brillent que dans tes yeux!"

... pas commode pour un sou qu'il n'a pas dans sa poche trouée tant il y a plongé ses mains sales d'avoir trop creusé la fange et la terre détale sous ses pieds de nez qu'il distribue aux biens pensant ses plaies qui s'ouvrent et que ravive le celle qu'il a tant aimé pour rien que de la poudre aux yeux magnifiques et bleus sur la peau partout les chocs qui fleurissent sur les tombés par terre au sol jusqu'au dos ils sont las d'avoir si facilement baissé les bras de Vénus et mit l'eau dans le vin rouge comme le pur sang qui court sous les veines et dans les pleines qu'on enfante et qu'on chérit qu'on surenchérit jusqu'à plus soif de vengeance le plat de la main qui se mange froid dans les dents de l'amer à boire jusqu'à plus soif de toi ni de rien que de la poudre aux yeux magnifiques et bruns comme la mer de sel qu'on a tant aimé pour rien que de la poudre aux yeux magnifiques et vides de sang sur les mains sales à manger du bout des lèvres sacrées cœurs sur la bouche et dans les cuisses quand s'affrontent les ailes du désir de vivre seul et sans rien que de la poudre à canon de la chair rouge et noire comme le drapeau hissé haut les cœurs sur la bouche dégoutée par l'odeur des fleurs fanées mais fleurs quand même j'aurais pu mettre un point final à toute cette histoire mais elle n'aime pas la ponctuation elle dit c'est l'arrêt cardiaque des mots de tête à l'envers du décor partout des corps qui s'enchaînent de vélos dans la tête la première qui passe les secondes et les siècles des lumières Voltaire les tombés par terre et les larmes d'étoile de tentation divines et obscures comme le drapeau noir hissé haut les cœurs sur le carreau d'une fenêtre trop sale d'avoir été traversée par trop de regards de biais et sans travers des porcs d'attache de vin rouge comme le pur-sang l'étalon noir comme le drapeau hissé haut comme les yeux magnifiques et les plaies béantes et brûlantes sur la peau d'or ruissellent les rivières salées les couleurs argentées ça brille et ça brûle comme un miroir de feu sacré et ça coule le long des bras jusqu'aux mains trop sales d'avoir trop creusé la fange et la terre détale sous ses pieds

Anne

Quelque part entre les pierres ancestrales
et les tous nouveaux bourgeons des rosiers
Anne éclot, fleur agréable;
Fraîche âme,

comme au matin la rosée